Étude CHRONOLOGIQUE

DES ACTIVITÉS POLITIQUES

ET MILITAIRES ROMAINES

en mer noire

L i v r e   T r o i s

 

de la "mer inhospitalière" au "lac romain"

des premiers Antonins

 

 La reprise de l’expansionisme romain sous le règne de Trajan (97-117), notamment en Orient, (chapitre 1 ; §.1) ne se fait pas sans préparatifs. De nouveaux changements administratifs ont lieu en Anatolie (§.2) tandis que l’ensemble des côtes sud du Pont-Euxin fait l’objet d’une plus grande surveillance (§.3). La victoire contre les Parthes consolide la position des Romains en Transcaucasie (§.4). Hadrien (117-138) arrête les conquêtes (chapitre 2 ; §.1) mais accorde une attention particulière au Pont-Euxin septentrional (§.2) et au royaume du Bosphore (§.3). Il se tient également informé de ce qui se passe en Colchide par l’intermédiaire du légat de Cappadoce, Flavius Arrien (§.4). La situation est plus instable dans le reste de la  Transcaucasie. L’émancipation du roi d’Ibérie et une nouvelle incursion des Alains jusqu’en Cappadoce en témoignent (chapitre 3 ; §.1). L’influence romaine est cependant vite rétablie sous Antonin le Pieux (138-161). Son règne marque l’apogée de l’Empire et une situation politique et militaire dans le Pont-Euxin totalement contrôlée par Rome. La mer Noire est devenue un lac romain (§.2). Pourtant des ombres au tableau subsistent, signes avant-coureurs d’un renversement de puissance entre Rome et les mondes extérieurs (§.3).

  

Chapitre 1

 

 TRAJAN ET LA REPRISE DE L’EXPANSIONNISME ROMAIN

 

§ 1. les liens entre les guerres daciques et la guerre parthique

             Les Parthes ont été considérés depuis Auguste, comme le principal ennemi des Romains, celui qui les empêchait de dominer le monde habité[1]. Pourtant la dynastie des Arsacides n’a jamais réellement représenté une sérieuse menace. Nous avons déjà vu que pour régler la question arménienne en leur faveur, ce sont le plus souvent les Romains qui prenaient l’initiative de commencer les hostilités. De toute manière, l’important c’est que les Romains, eux, croyaient à ce danger[2].

             D’autres liens existaient, mais cette fois-ci entre les Parthes et les Daces. Grâce à une lettre de Pline, nous avons connaissance d’une ambassade envoyée par Décébale à Pacorus II, roi des Parthes durant la première guerre dacique (101-102). La lettre relate les aventures d’un certain Callidromus, esclave romain fait prisonnier en Dacie et envoyé en Parthie comme présent du roi[3]. Après quelques péripéties, Callidromus finit par arriver à Nicomédie, où Pline apprend son histoire. L’ambassade a dû traverser les steppes d’Ukraine, de Ciscaucasie et le Grand Caucase pour arriver  à destination. Il ne semble pas cependant qu’il y ait eu par la suite des actions militaires Perses et Daces envisagées conjointement[4].

             Trajan (97-117) avait établi un rapport étroit entre la conquête de la Dacie (la deuxième guerre se termina en 106) et la guerre parthique (114-117)[5]. C’est l’expédition en Orient qui constitue l’objectif principal de sa politique, les Parthes restant le centre des préoccupations romaines en politique étrangère[6].

             Et comme toujours en prévision d’une campagne en Orient, des remaniements administratifs accompagnent les préparatifs de guerre[7]. Ils concernent la mer Noire, C’est ce que nous allons voir maintenant.

 

§ 2. les changements administratifs en Anatolie  

Planche : l’Asie Mineure sous le règne de Trajan (vers 111) 
             La modification administrative la plus importante est la séparation de la grande province Cappadoce-Galatie de Vespasien en deux entités distinctes[8]. En 107-108, Trajan place à la tête de ce complexe un de ses brillants généraux ayant participé avec lui aux guerres daciques : C. Iulius Quadratus Bassus[9]. L’affectation d’un soldat à ce poste rompt avec les précédentes nominations qui ne concernaient que des hommes sans connaissances militaires[10].

             La suppression du complexe Galatie-Cappadoce se situe entre 107 et 114[11]. A la place sont crées une province impériale prétorienne dépourvue de troupes : la Galatie et une province impériale consulaire gardant les deux légions : la Cappadoce[12]. Les besoins d’une vaste province ne se justifiaient plus. Sont séparés administrativement les territoires éloignés de la zone de combat et ceux formant la base de départ des opérations militaires car ce nouveau dispositif est résolument offensif [13].       

             Bassus n’est pas le seul nommé par Trajan pour, en quelque sorte "préparer le terrain". En 111, la province de Bithynie-Pont est enlevée à l’administration des sénateurs pour être confiée à Pline le Jeune, en légation extraordinaire[14]. Il semble que ce soit le désir de mettre fin à des désordres sociaux et financiers, dans le cadre de ses préparatifs militaires, qui ait poussé l’Empereur à cette décision[15].

             La province de Bithynie-Pont joue un rôle très important dans les communications Occident-Orient via la mer Noire. La nouvelle province de Cappadoce a perdu ses débouchés sur le Pont-Euxin. Le Pont Polémoniaque et son port Trapezus appartiennent désormais à la nouvelle province de Galatie[16]. Si l’on excepte le débouché de la Galatie, la province de Bithynie-Pont couvrait à elle seule toutes les côtes sud de la mer Noire.

         Comme toujours les communications maritimes restent essentielles pour les guerres en Orient[17] et la fonction du préfet du littoral pontique crée par Trajan avait son importance dans la sécurité de la navigation. Désormais ce n’est plus seulement les côtes caucasiennes qui sont surveillées, mais l’ensemble des côtes nord de l’Anatolie.

 

         § 3. la charge de praefectus orae Ponticae et la défense des côtes sud du Pont-Euxin  

Planche : le Pont-Euxin à la veille de la guerre parthique de Trajan
             La fonction particulière de praefectus orae maritimae est ancienne puisque la première attribution connue date de la République. Elle a été alors attribée au grand Pompée en lutte contre les pirates[18]. Une grande partie de nos connaissances sur cette charge proviennent des inscriptions d’Espagne et de Maurétanie[19].

         Un praefectus orae Ponticae  maritimae nous est connu grâce à l’épigraphie[20] et grâce aux sources littéraires[21]. Il s’agit de M. Gavius Bassus en charge sous Trajan. Nous savons grâce à la correspondance de Pline avec l’Empereur quelles étaient les troupes mises à la disposition du préfet de la côte.

 Alors que les inscriptions d’Espagne parlent de deux cohortes de l’armée impériale mises à la disposition de praefectus orae maritimae[22], il apparaît que les soldats de Gavius Bassius sont issus des deux cohortes auxiliaires formant la garnison de la Bithynie[23]. Le fait même que Bassius s’adresse à Pline pour lui demander d’augmenter ses effectifs montre la subordination du préfet à Pline[24]. En outre, Bassius ne semble avoir à sa disposition que des troupes terrestres, ce qui ressort également des autres sources épigraphiques concernant cette charge[25].

 Une répartition des charges devait donc s’effectuer entre le praefectus orae Ponticae  maritimae, dont l’action se limitait à la surveillance des côtes et à la protection des ports[26], avec le praefectus classis Ponticae[27] en charge de la flotte. La combinaison des deux armes dans la défense des côtes est cependant connue grâce à une inscription contemporaine de Bassus et qui mentionne un praefectus orae Amastris et classis Ponticae[28]. Ce personnage, dont le nom n’est malheureusement pas parvenu jusqu’à nous, était préposé à la défense d’un secteur précis, autour d’Amastris, et commandant de l’escadre pontique[29].

 Toutes ces mesures, à la veille de la guerre parthique (114-117), montre le souci qu’avait l’Empereur de s’assurer une voie maritime sûre pour l’Orient[30]. Elles concernent le sud du Pont-Euxin, les côtes qui font partie des provinces romaines de l’Anatolie. Le Nord n’est cependant pas oublié. En marge des préparatifs de la guerre en Orient, une garnison romaine s’installe de façon durable à Tyra tandis que Pline le Jeune, en tant que gouverneur de Bithynie, suit de près les relations diplomatiques entre Rome et le royaume du Bosphore. La courte mais brillante victoire de Trajan en Mésopotamie permet quant-à elle de resserrer les liens entre Romains et principautés caucasiennes.

 

§ 4. la situation en Transcaucasie et au nord de la mer Noire

    Conséquence directe de la brillante victoire de Trajan en Mésopotamie, l’Arménie est annexée tandis que les liens se sont considérablement renforcés entre Rome et les principautés caucasiennes[31]. A en croire Festus et Eutrope, les rois des Albaniens et des Hibériens lui doivent leur royaume[32]. C’est un fait que l’on retrouve chez Arrien de Nicomédie lorsqu’il écrit à l’empereur Hadrien qui succède à Trajan : "Après les Lazes viennent les Apsiles ; leur roi est Ioulianos. Lui, doit son royaume à ton père"[33]. Rome, avec l’éviction de l’influence parthe en Arménie est désormais la seule source de légitimité pour les peuples de Transcaucasie.

         Au nord du Pont-Euxin une garnison romaine est attestée à Tyra sous cet empereur. Difficile en revanche de préciser à quel moment exactement. Il s’agit d’un détachement de la légion V Macedonica et de ses auxiliaires sous le commandement du centurion M. Ennius Illadianus[34]. Cette légion, stationnée à Troesmis, faisait partie de l’armée de Mésie inférieure. C’est la première garnison stable du nord de la mer Noire qui se met ainsi en place.

             Aucune évidence épigraphique en revanche sur une présence militaire à Olbia. A Chersonèse, contrairement à ce que dit Nadel[35], peut se poser le problème de la présence de tribun dès l’époque de Trajan[36]. Il s’agit d’une épitaphe de deux affranchis datée de la fin Ier-début IIème siècle. L’un d’eux, serait le médecin de P. Vedius Antoninus, tribun de la légion I Italica sous Trajan[37].

             La province de Bithynie-Pont, dépourvue de troupes, peut quand même être considérée comme la pièce centrale du dispositif de contrôle de la mer Noire. En effet sous la légation extraordinaire de Pline, la province de Bithynie-Pont regroupe la quasi-totalité des côtes sud du Pont-Euxin qui vont du Bosphore thrace à Trapezus. Ces côtes sont surveillées par des préfets maritimes qui lui étaient subordonnés. Au nord du Pont-Euxin, les relations diplomatiques entre le royaume du Bosphore et Rome se font par l’intermédiaire de Pline. C’est ce que nous apprend sa très précieuse correspondance avec Trajan[38].

                       Toutes ces dispositions prises et mises en place sous le règne de Trajan entraient dans un cadre précis, celui de la reprise de l’expansionnisme agressif. C’était une nécessité que de tout contrôler et de tout préparer en vu des expéditions militaires. Rien de tel sous Hadrien (117-138) qui succède à Trajan. Avec cet empereur, c’est un renversement complet qui s’opère dans la politique extérieure. Abandonnant les dernières conquêtes de Trajan, il passe une grande partie de son temps à voyager à travers tout l’Empire, inspectant les frontières. L’Orient n’échappe pas à son souci d’organisation. L’expérience qu’il tira de ses voyages lui donna une très bonne connaissance de la situation politique et de la valeur militaire des peuples et états sur tout le pourtour de la mer Noire.

  

Chapitre 2

 

 HADRIEN et Arrien de nicomédie : inspection

et organisation des zones-frontiÈres de l’empire

 

§ 1. la fin des conquêtes et le retour au statu quo antérieur

 

            L’un des premiers actes d’Hadrien en tant qu’empereur, a été d’abandonner les derniers territoires annexés par Trajan. L’expédition parthique avait permit la création des nouvelles provinces d’Arménie, de Mésopotamie et d’Assyrie à peine pacifiées. Une révolte des Juifs de Mésopotamie, gagnant par étapes tout l’Orient, obligea les Romains à évacuer ces nouveaux territoires[39]. L’Euphrate redevient la frontière entre Parthes et Romains. Hadrien renonça également à l’Arménie qui retrouve son statut antérieur d’état vassal[40]. L’empire romain ne manquait pas d’ambition mais les moyens d’une telle politique lui faisait cruellement défaut et il devenait difficile de garder l’ensemble des conquêtes[41].

             Les provinces de Dacie et d’Arabie sont néanmoins conservées. L’abandon par Hadrien de la politique d’expansion fige de façon quasi-définitive les zone-frontières dont il organisera et inspectera les armées et les moyens de défense[42]. Ces nombreux voyages le tiennent au courant de ce qui se passe dans ses provinces mais également chez les peuples extérieurs[43].

         Nous nous intéresserons plus particulièrement à tous ceux qui ont pu le tenir personnellement informé sur la situation politique, mais aussi la valeur stratégique du Pont-Euxin. A commencer par les côtes septentrionales.

 

§ 2. un voyage d’Hadrien en Scythie (118)

             C’est tout d’abord grâce à la formation politique et militaire qu’il a reçu avant son accession à l’Empire qu’Hadrien a une connaissance personnelle des contrées danubiennes et des tribus Sarmates[44]. Son cursus honorum nous est en effet connu grâce à l’épigraphie[45]. On apprend ainsi qu’il a été tribun des légions II Adiutrix en Pannonie puis, et surtout, de la légion V Macédonica en Mésie inférieure de 96 à 101 année de sa questure. On le retrouve ensuite à la tête de la légion I Minervia durant la seconde guerre dacique. Hadrien sera de nouveau en Mésie inférieure en 118. Sa présence a été appelée en ces lieux par un soulèvement des Sarmates et des Roxolans mécontents de la diminution du tribut qui leur était versé[46].

             Dion Cassius raconte qu’à la mort de son cheval préféré lors d’un des deux voyages effectués en Gaule (121 ou 122/123)[47], Hadrien lui fit élever un tombeau et graver une épitaphe. Le hasard a voulu que l’on retrouve cette inscription près d’Apt en Narbonnaise. Détail très intéressant nous avons son nom et sa race aux deux premières lignes : "Borysthène, coursier alain de l’empereur"[48]. Il est tentant de relier l’acquisition de ce cheval avec la guerre contre les Roxolans de 118 qui nécessita l’intervention de l’empereur en Mésie inférieure[49]. Ainsi on peut réellement dire que le cheval meurt quatre ans plus tard en Gaule "dans la fleur de sa jeunesse, sans que nulle blessure ait souillé ses membres"[50].

             Autre détail intéressant, dans l’Histoire Auguste nous apprenons que l’empereur et Florus se livraient à des joutes amicales par vers interposés[51]. Une des réponses de Florus concerne trois lieux d’inspection de l’empereur : la Bretagne, peut-être la Germanie, et la Scythie. Les vers disent à peu près ceci : "moi je ne veux pas être César, déambuler chez les Bretons, me tapir chez les [Germains ?], endurer le froid de Scythie".[52] On peut penser que les opérations militaires contre les Sarmates obligent l’empereur à passer l’hiver 118 en Mésie inférieure[53].

             On peut également s’intéresser à une base de statue de l’empereur Hadrien à Tyra. La copie de cette inscription grecque[54] est clairement datée du début du mois de mars 118. On peut relier la commande de cette statue honorifique à la visite d’Hadrien en "Scythie" et à son passage à Tyra.[55]

             Si le nord-ouest de la mer Noire a été l’objet d’une réelle attention de la part d’Hadrien, le royaume du Bosphore n’est pas oublié. Seulement, l’intérêt qu’il lui porte s’inscrit dans le cadre de ses voyages en Orient.

 

§ 3. les voyages d’Hadrien en Orient (118, 123 et 129)  

Planche : le Pont-Euxin au moment des voyages d’Hadrien en Orient
         Le premier voyage d’Hadrien en Asie mineure a lieu en 118 : on retrouve sa trace à Ancyre et à Juliopolis (début novembre) en Galatie, puis à Nicomédie en Bithynie.

 Son deuxième voyage passe encore par l’Anatolie (123). Après l’Espagne on le retrouve en Cappadoce sur le front de l’Euphrate, visitant les deux légions stationnées à Mélitène et Satala[56]. Il passe également par Trapezus puis traverse la Galatie et la Bithynie. Il passe l’hiver 123-124 à Nicomédie puis en 124 on le retrouve dans la province d’Asie et plus particulièrement à Smyrne. Ce deuxième voyage nous intéresse plus particulièrement. On peut le rapprocher avec un court passage de la biographie du sophiste M. Antonius Polémon écrite par Flavius Philostratus.[57]

 Ce passage nous dit que Polémon avait reçu à Smyrne la visite du roi du Bosphore[58], un homme ayant reçu une éducation grecque, en visite en Ionie. Trois rois se sont succédés au Bosphore durant le règne d’Hadrien. Il s’agit de Sauromatès I (93/94-123/124), Cotys II (123/124-132/133) et Rhoemetalces (131/132-153/154). Cotys II semble être le souverain cultivé de Smyrne[59]. Difficile de croire que les deux souverains ne se sont pas croisés à Smyrne durant l’année 124 ! Celle où Cotys II monte sur le trône.

 Si Hadrien se rend le plus souvent compte par lui-même de ce qui se passe en dedans et au dehors de ses possessions, il utilise également les rapports de ses administrateurs. C’est ainsi qu’il demande à Arrien, alors gouverneur de la Cappadoce, de lui faire un rapport détaillé sur sa région[60]. Le rapport demandé, écrit en latin, est perdu mais il nous reste la description en grec du Pont-Euxin.

  

§ 4. le périple du Pont-Euxin d’Arrien de Nicomédie (131/132)

             Arrien part de Trapezus à bord d’une trière pour son voyage d’inspection. Il s’arrête tout d’abord à Hyssos qui ne se trouve qu’à 26 km à l’est seulement de Trapezus. Nous sommes encore dans la province de Cappadoce. Là il inspecte les troupes (essentiellement des fantassins avec vingt cavaliers) et assiste à l’exercice[61].

             Puis il arrive jusqu’à Apsarus, premier fort côtier de Colchide. Cinq cohortes y sont alors cantonnées. Effectif très important[62] qui pose des problèmes d’interprétation[63]. Leur présence ici semble avoir un but précis et temporaire[64]. La deuxième étape concerne Phasis et ses 400 auxiliaires[65] puis et enfin Sebastopolis qui semble accueillir un détachement de cavalerie[66].

             Tous ces forts constituent des points d’ancrage sûr. Arrien décrit aussi les principaux rois clients de Colchide. La plupart doivent leur trône à Hadrien[67]. Cette situation de dépendance[68] ne constitue pas la seule réalité. Ainsi, les Sannes, normalement tributaire des Romains, refusent en fait de payer le tribut exigé, restent hostiles à la cité de Trapezus et se livrent au brigandage[69]. On peut d’ailleurs fort justement supposer que les cinq cohortes d’Apsarus, proches des Sannes, soient dirigées contre eux[70].

         C’est à Sébastopolis/Dioscurias marquant la limite de l’Empire[71] qu’Arrien termine sa tournée d’inspection. Mais, détail très intéressant, il poursuit la description des étapes de navigation jusqu’au Bosphore Cimmérien car "ayant appris la mort de Cotys, le roi du Bosphore appelé Cimmérien, j’ai eu à cœur de te faire connaître aussi la navigation jusqu’au Bosphore, de sorte que, si tu avais quelque projet au sujet du Bosphore, tu puisses prendre une décision sans ignorer non plus ce trajet." Ecrit-il[72] Suivent alors une série de lieux et de distances. 

Une ingérence romaine dans les affaires internes du royaume était donc sérieusement envisagée[73]. Rhoemetalces (131/132-153/154) qui succède à Cotys voit sa légitimité renforcée par le titre accordé par Hadrien d’"ami de César et des Romains"[74].

 Hadrien reste donc parfaitement informé de tout ce qui peut arriver aux peuples et états situés au nord et à l’est de la mer Noire. Ses connaissances personnelles obtenues lors de ses nombreux voyages ou les rapports détaillés qu’il commande à ses administrateurs en font un personnage très au fait des incidences politiques et militaires de tel ou tel événement. Il peut y répondre en conséquence en toute connaissance de cause. Rome n’est plus en mer Noire sur un terrain inconnu comme au temps des Julio-Claudiens et des Flaviens. Elle en a saisi les contours ; elle a commencé à aligner la politique des cités, royaume grecque et tribus caucasiennes sur la sienne. Sa puissance militaire, déjà présente à Tyra, à Chersonesus[75], au Caucase va progressivement s’étendre au règne suivant à Olbia et au royaume du Bosphore.

 Antonin le pieux (138-161), comme Hadrien, n’entreprend aucune conquête mais de par l’étendue de son contrôle politique et militaire sur l’ensemble de ses côtes, nous pouvons dire que la mer Noire est devenu un "lac" sous influence romaine[76]. D’aussi bons résultats ont été plus difficiles à optenir en Transcaucasie.

 

Chapitre 3

 

 apogÉe de l’empire et du danger alain

 § 1. Pharasmane II et les Alains

             Nous avons vu que l’accession d’Hadrien au trône ne modifie en rien l’état de soumission des principautés de Colchide. La situation est différente pour l’Albanie et surtout l’Ibérie. Avec l’abandon de l’Arménie en 117, c’est toutes les alliances romaines qui disparaissent en Transcaucasie[77].

             En 129, Pharasmane II roi d’Ibérie et le roi des Albaniens déclinent l’invitation d’Hadrien faite lors de son second séjour en Cappadoce[78]. En 135, à l’instigation de Pharasmane II, les Alains franchissent le col du Darial et se jettent sur le territoire des Albaniens puis ravagent la Médie avant d’atteindre la Cappadoce romaine[79]. Pour la première fois un territoire romain est menacé par les Alains[80]. La démonstration de force d’Arrien, gouverneur de Cappadoce[81], et les cadeaux de Vologèse, roi des Parthes[82], dissuadent les Alains de poursuivre leurs opérations de pillage.

              Hadrien finit par se réconcilier avec Pharasmane[83]. Les nombreux cadeaux qu’il donne au roi prouve l’importance et la primauté de l’Ibérie sur les autres états Transcaucasiens[84]. Plus importante est l’installation en Ibérie d’une cohorte quingénaire[85]. Les Romains dominent de nouveau à la fin du règne d’Hadrien ce puissant royaume à la position stratégique cruciale pour qui veut exercer le contrôle dans le Caucace. Le contrôle de la passe du Darial empêche les incursions des Alains de Ciscaucasie, elle empêche également le roi d’Ibérie d’avoir, grâce au soutien des nomades, les moyens d’une politique indépendante. Enfin contrôler l’Ibérie c’est contrôler les états voisins[86].

             Nous voyons bien le changement d’attitude du roi d’Ibérie sous le règne suivant lorsque l’Histoire Auguste nous apprend que "le roi Pharasmane vint voir Antonin à Rome et se montra plus déférent à son égard qu’il ne l’avait été pour Hadrien"[87]. Du reste, le règne d’Antonin le Pieux (138-161) est considéré comme une époque d’immobilisme politique (il ne quitta guère l’Italie) mais aussi le moment du meilleur équilibre économique et social. Pour ces raisons, son règne fut qualifié d’apogée de l’Empire[88].

 

§ 2. le règne "parfait" d’Antonin le Pieux (138-161)  

Planche : le Pont-Euxin sous le règne d’Antonin le pieux

             Une inscription bilingue grecque/araméen nous apprend que le roi Xepharnug, qui succède à Pharasmane II sur le trône d’Ibérie, a remporté une grande victoire sur les Alains grâce à son général, fils de Publius Agrippa[89]. Cette victoire, située entre 140 et 145, confinent les Alains en Ciscaucasie[90]. De son côté, l’Histoire Auguste assure qu’Antonin "réfréna souvent les courses des Alains"[91].

             Toujours en Orient, Antonin dissuade Vologèse par un simple courrier d’envahir l’Arménie[92]. En fait un conflit localisé a bien lieu entre Parthes et Romains[93].

             Beaucoup plus importante est l’extension de la présence militaire romaine le long des côtes nord du Pont-Euxin. Antonin intervient diplomatiquement au royaume du Bosphore pour régler un conflit entre le roi Rhoemetalces et un certain Eupator, inconnu par ailleurs[94]. Ce soutien diplomatique est suivi d’une aide militaire. Trois inscriptions trouvées à Panticapée[95] font état d’une présence militaire, somme toute limitée, mais réelle sous Antonin[96]. Elle est composée de soldats issus de deux cohortes, celle des Thraces et des Cypriens, cantonnées dans la province de Bithynie-Pont[97].

             Olbia n’échappe à la pression des Tauroscythes qu’avec la victoire des auxiliaires envoyés en aide par Antonin[98]. L’épigraphie confirme ensuite la présence d’une garnison de soldats des légions I Italica, V Macedonica et XI Claudia[99]. Une vexillation composée des même éléments s’installe à Tyra[100].

             A Chersonesus, la présence militaire est à la fois plus étendue géographiquement et plus importante. Antonius Valens, premier tribun dont on soit sûr de l’existence, dirige une vexillation de Mésie inférieur qui contrôle la ville et ses environs[101].

             Enfin le réseau des places fortes de Colchide s’étend un peu plus vers le nord : les fouilles établissent que les premières fortifications en bois de Pityus datent de la seconde moitié du IIe siècle[102]. Pityus n’était encore, lors du voyage d’inspection d’Arrien (131-132), qu’un lieu d’ancrage sans intérêt[103].

             Reste que tout ne peut pas être parfait dans le meilleur des mondes. Les Alains, notamment, représentent une menace importante et toujours vivante pour la Transcaucasie. Menace qui s’étend aux steppes d’Ukraine.

 

§ 3. les ombres au tableau

         Il nous suffit de relire la succession de victoires diplomatiques et militaires énoncée par l’Histoire Auguste[104] pour se convaincre d’un règne "parfait" d’Antonin le Pieux. Tout semble si évident ! Un simple courrier suffit à dissuader le roi des Parthes d’entrer en campagne en Arménie ; l’Empereur, source de légitimité pour les autres souverains, fait et défait les rois. Rhoemétalcès ne doit la conservation de son trône qu’à la seule volonté d’Antonin. Sa puissance militaire lui permet d’imposer cette volonté, notamment aux peuples du nord du Pont-Euxin, forcément vaincus.

 Cependant cette situation idyllique, ces victoires militaires, masquent une autre réalité. Certes, l’Empire et ses alliés s’imposent à leurs voisins, on est tenté de dire sans difficultés, mais ils ne font que répondre à une agressivité de leur part.

 La récente victoire du roi d’Ibérie Xepharnug contre les Alains montre que cinq à dix ans seulement après leur retrait de Transcaucasie suite à la démonstration de force d’Arrien, ils opèrent de nouveau, et cette fois-ci contre la volonté des Ibériens[105]. Antonin lui-même dut réfréner souvent "les courses des Alains"[106].

 Ces Alains bien plus présents au nord. Ils ne sont plus seulement confinés entre mer Noire et mer Caspienne, ils voisinent également les cités grecques du détroit de Kertch[107]. Leur pression sur les peuples voisins Ukrainiens serait à l’origine, par un jeu de dominos, de la pression exercée par les "Tauroscythes" sur Olbia[108]. Ils seraient également à l’origine des attaques lancées aux bouches du Danube entre 174 et 182[109]. Marc-Aurèle (161-180) doit y faire face. Ce sera le premier empereur a subir, à son début, le renversement de la relation de puissance entre l’Empire romain et les mondes extérieurs.  

Livre Quatre



[1] cizek (1994), page 379.

[2] cizek (1994) rappelle page 379 "qu’en histoire, fort souvent, les représentations des faits agissent plus efficacement que les faits eux-mêmes".

[3] pline, Lettres, X, 74 = isl 23, page 115.

[4] Peut-être lors de la deuxième guerre dacique ? cizek (1994), pages 380-381.

[5] remy (1986), page 68.

[6] cizek (1994), page 376.

[7] Des remaniements administratifs ont déjà eu lieu sous Néron et sous Vespasien nous l’avons vu. Ils répondaient à des objectifs précis. remy (1986) conclue son ouvrage en disant page 111 que "la carte de la région fut plusieurs fois remaniée, ces transformations témoignent aussi du pragmatisme des empereurs et de l’administration romaine. Guidés par le seul souci de l’efficacité, ils n’hésitent pas à opter, à peu d’années d’intervalles, pour des solutions apparemment contradictoires, s’il s’avérait qu’elles étaient susceptibles de résoudre au mieux les problèmes posés par les royaumes arménien et parthe et les peuples barbares du Caucase."

[8] remy (1986), page 65.

[9] remy (1986), page 67.

[10] remy (1986), page 68.

[11] remy (1986), page 67.

[12] remy (1986), page 69.

[13] remy (1986), page 69.

[14] remy (1986), page 69 ; cizek (1994), pages 381-382 ; cette légation extraordinaire va durer jusque sous Hadrien.

[15] vidam (1972), page 31 ; cizek (1994), page 382.

[16] remy (1986), page 70. Il est difficile d’expliquer ce nouveau choix, en tout cas le Pont Polémoniaque fera de nouveau partie de la Cappadoce au début du règne d’Hadrien (remy (1986), page 75).

[17] adams (1987), page 86, précise que la route le long des côtes nord de l’Asie Mineure était difficile et que le tronçon Amastris/Trapezus ne daterait que d’Antonin le pieux (138-161). La majorité des voyages continuaient à se faire par mer.

[18] redde (1986), page 417.

[19] redde (1986), pages 417-418.

[20] ae 1972, n°573.

[21] pline, Lettres, X, 21 et 22.

[22] redde (1986), page 421 ; vidam ( 1972), page 54.

[23] La Bithynie était une province sénatoriale dépourvue de légions ; quant aux deux cohortes auxiliaires connues grâce à la correspondance de Pline, elles formeraient la garnison de la Bithynie et non du Pont (vidam (1972), page 52).

[24] vidam ( 1972), page 53 ; ce n’est pas l’avis de langer (1983) page 51, pour qui cet argument ne prouve en rien une subordination et rappelle que le préfet de la flotte pontique est, lui, bien indépendant du gouverneur.

[25] redde (1986), page 421.

[26] redde (1986), page 422 ;

[27] vidam ( 1972), page 54 ; french (1984), page 56.

[28] ae 1965, n°348 ; remy (1986), page 69.

[29] pflaum (1982), page 29-30.

[30] adams (1987), page 86.

[31] remy (1986), page 71.

[32] festus, Abrégé, 20, 2 = isl 24, page 116 ; eutrope, Abrégé, 20, 2 = isl 25, page 117.

[33] arrien, Périple du Pont-Euxin, 11, 3 = isl 27, page 119.

[34] ae 1990, 869 = ise, Tyra 7, page 18. En revanche il semblerait qu’on ne puisse plus se fier au papyrus de Pridanium (ise ?, page ?) où, à la place de Tyrae in presidio, il faille lire Kastrae in presidio.

[35] nadel (1982), page 177.

[36] Alors que la première mention explicite d’un tribun à la tête de vexillations mésiennes date d’Antonin le pieux ; sarnowski (1991), page 326.

[37] iospe i², 562; sarnowski (1991), page 326; il faut savoir que les tribuns placés à la tête de l’ensemble des vexillations du Pont-Euxin occidental d’Antonin le pieux jusqu’à Trajan Dèce (et peut-être même sous la Tétrarchie) appartenaient tous à la légion I Italica (voir tableau ?).

[38] pline, Lettres, X, 63-64-74 = isl 20-21-22, pages114-115.

[39] christol et nony (1995), page 167.

[40] remy (1986), page 73.

[41] christol et nony (1995), page 167 ; remy (1986), page 73.

[42] a.chastagnol (1994), Histoire Auguste, Paris, 1994, pages 6-7 de l’introduction de la vie d’Hadrien.

[43] Le détail de ces voyages est donné par chastagnol dans son introduction à la vie d’Hadrien Histoire Auguste (1994) pages 7-8. Il tient compte des dernières recherches sur ce point.

[44] christol et nony (1995), page 156 ; nadel (1982), page 180.

[45] cil III, 550.

[46] histoire auguste, vie d’Hadrien, 6, 6/8 = isl 26, page 117.

[47] dion cassius, Histoire romaine, 69, 10.

[48] cil XII, 1122 ; Borysthenes Alanus / Caesareus veredus (lignes 1-2). Rappelons que le Borysthène est l’ancien nom du fleuve Dniepr. Il se jette dans la mer Noire non loin d’Olbia. Nous le retrouvons déjà mentionné par Ti. Plautius Silvanus Aelianus dans son inscription de Tibur (ils n°986) lorsqu’il dit qu’il a obligé "le roi des Scythes à lever le siège de Chersonesos, ville située au-delà du Borysthène".

[49] histoire auguste, Vie d’Hadrien, 6, 6-8.

[50] cil XII, 1122 ; sed integer / iuventa / inviolatus artus (lignes 13-14).

[51] histoire auguste, vie d’Hadrien, 16, 3.

[52] nadel (1982), page 183. Rappelons que le nord de la mer Noire est encore appelé Scythie ; le terme de Sarmatie est plus tardif, dans le courant du IIème siècle.

[53] nadel (1982), page 183.

[54] L’original est aujourd’hui perdu.

[55] C’est en tout cas ce que fait nadel (1982), page 185.

[56] Au début du règne d’Hadrien, peut-être même dès la fin de la campagne parthique de Trajan, la légion XVI Flavia Firma transférée en Syrie est remplacée à Satala par la légion XV Apollinaris (remy (1986), page 73.

[57] flavius philostratus, vie des sophistes, 25, 535.

[58] Son nom n’est pas mentionné.

[59] Déduction de nadel (1982), page 189.

[60] remy (1986), page 75.

[61] arrien, périple du Pont-Euxin, 3, 1 = isl 27, page 118.

[62] Peut-être de l’ordre de 2400 hommes. L’effectif théorique d’une cohorte est de 480 hommes. La garnison de ce fort paraît surdimensionnée lorsqu’on la compare avec celle du fort suivant, Phasis, qui compte 400 hommes selon Arrien, soit l’équivalent d’une cohorte.

[63] braund (1989b), page 34 résume bien les différentes interprétations.

[64] Qu’Arrien dit expliquer dans sa lettre en latin … aujourd’hui perdue (arrien, 6, 2).

[65] arrien, périple du Pont-Euxin, 9, 3 = isl 27, page 118.

[66] arrien, périple du Pont-Euxin, 10, 3 = isl 27, page 119.

[67] Seul Ioulianos, roi des Lazes, semble devoir son trône à Trajan (arrien, 11, 3).

[68] nadel (1982), page 193.

[69] arrien, périple du Pont-Euxin, 11, 1-2 = isl 27, page 119.

[70] braund (1989b), page 35. Arrien ne dit-il pas qu’"ils négligent de payer tribut mais désormais, si la divinité le permet, il n’y manqueront pas ou bien nous les anéantiront" (arrien, 11, 2).

[71] arrien, périple du Pont-Euxin, 17, 2 = isl 27, page 120.

[72] arrien, périple du Pont-Euxin, 17, 3 = isl 27, page 120.

[73] nadel (1982), page 207 ; bosworth (1977), page 219.

[74] nadel (1982), pages 200 et 207.

[75] iospe i², 674 = ise, Charax 57, page 63 et iospe i², 548 = ise, Chersonesus 9, page 33.

[76] Pour reprendre l’expression d’Orgeval qui se trouve chez nadel (1982), page 209. Orgeval disait que "la politique d’Hadrien tendait (déjà) à faire de la mer Noire un lac soumis à l’influence romaine".

[77] demougeot (1969), page 207.

[78] histoire auguste, vie d’Hadrien, 13, 8-9.

[79] dion cassius, Histoire Romaine, VIII, 15, 1.

[80] Les Alains n’ont cependant pas été évoqués par Pharasmane contre Rome (bosworth (1977), page 228) mais plutôt contre ses voisins Albaniens (braund (1991), pages 217-218). Cependant les Alains menacent en même temps l’Arménie et la Cappadoce (remy (1986), page 75).

[81] Arrien nous a laissé une description très précise de son dispositif militaire et de la stratégie qu’il a adoptée contre ces ennemis (arrien, L’expédition contre les Alains).

[82] dion cassius, Histoire Romaine, VIII, 15, 1.

[83] demougeot (1969), page 207 ; bosworth (1977), page 230.

[84] braund (1991), page 214.

[85] histoire auguste, vie d’Hadrien, XVII, 11-12. Soit 500 hommes, effectif théorique (bosworth (1977), page 230). A noter cependant que pour braund (1991), pages 214-215 il s’agirait en fait de 50 hommes ce qui correspondrait mieux à des ingénieurs.

[86] bosworth (1977), pages 219, 224 et 232. Plus qu’une victoire, l’action  des Alains a donné à Arrien la justification de son intervention en Ibérie.

[87] histoire auguste, vie d’Antonin, IX, 6 = isl 29, page 122.

[88] christol et nony (1995), page 158.

[89] bosworth (1977), page 231 ; demougeot (1969), page 207. Ce Publius Agrippa est contemporain d’Hadrien et d’Arrien. Il a rempli de hautes fonctions à la cour nous dit l’inscription; il a peut-être fait partie du personnel militaire et des techniciens romains envoyés par Hadrien.

[90] demougeot (1969), page 208.

[91] histoire auguste, vie d’Hadrien, VI.

[92] histoire auguste, vie d’Antonin, IX, 6 = isl 29, page 122.

[93] remy (1986), page 78.

[94] histoire auguste, vie d’Antonin, IX, 8 = isl 29, page 122. Un arrêt des frappes des monnaies or de Rhoémétalcès est constatée durant les années 138-140.

[95] igr i, 894 = ise, Panticapaeum 2, page 77; igr i, 895 = ise, Panticapaeum 3, page 77; gir i,  896 = ise, Panticapaeum 4, page 78.

[96] Pour justifier l’apparition des soldats romains sous le règne d’Antonin plus que sous celui d’Hadrien on peut rappeler le fait qu’à la mort de Cotys II (132), une action militaire était envisagée par Hadrien pour assurer une succession sans troubles ce qui tendrait à démontrer qu’il n’y avait pas de troupes sur place (nadel (1982), page 192).

[97] speidel et french (1992), page 175.

[98] histoire auguste, vie d’Antonin, IX, 9 = isl 29, page 122.

[99] ae 1995, n°1348 = ise, Olbia 3, page 15.

[100] ae 1925, n°78 = ise, Tyra 13, page 21.

[101] sarnowski et savelja (1998) = ise, Balaklava 58 + 59 + 60, pages 64-65.

[102] kiguradze, lordkipanidze et todua (1987), page 92.

[103] arrien, périple du Pont-Euxin, 18, 1 = isl 27, page 120.

[104] histoire auguste, vie d’Antonin, IX, 6, 8-9 = isl 29, page 122.

[105] demougeot (1969), page 208.

[106] histoire auguste, vie d’Hadrien, VI.

[107] Une inscription de Gorgippia datée de la deuxième moitié du IIe siècle mentionnerait les Alains (cirb 1142). D’une façon plus sûre, une autre inscription, datée de 208 (cirb 1142), mentionne un chef interprète des Alains à Phanagorie. L’utilisation d’interprètes montre la réalité des relations diplomatiques entre le royaume du Bosphore et les Alains.

[108] demougeot (1969), page 207.

[109] gostar (1969), page 300.