Avant - Propos

 du bon usage de la curiositÉ

             Tout a commencé en 1997, un mercredi après midi, dans une salle de classe des plus banale. Un cours s’y déroulait sur le thème « étranger et frontière dans l’Empire romain ». Le cours n’était pas aussi banal que la classe.

             Comme tous les mercredis après midi on en ressortait avec plus de questions que de réponses. Son objectif était simple, mais à la fois si novateur : il s’agissait d’amener les étudiants à se poser les bonnes questions et à ne pas accepter toutes les réponses qui nous paraissaient bonnes. 

            Accrochée au tableau, l’incontournable carte axée sur la méditerranée avec l’inévitable Empire romain qui en occupe le pourtour. Une carte a toujours favorisé l’imagination. 

On pouvait être alors frappé par la présence de plusieurs villes grecques situées au nord de la mer Noire. La région est pour le moins située à l’écart de la « civilisation » qui rayonne autour de la « mare nostrum ». Dans notre imagerie qui sépare (à tord ou à raison) à partir du Rhin et du Danube un monde cultivé et rassurant d’un autre monde que l’on sait vaste mais qui n’a rien d’accueillant, il paraissait légitime d’en savoir plus. Les questions avaient été encouragées durant toute l’année. 

            La question de l’élève posée au professeur devait se résumer à peu près à ceci : « Lorsque l’on connaît la situation géographique du royaume du Bosphore, on est en droit de se demander si cette seconde mer intérieure, appelée "hospitalière" par dérision (Euxeinos) a été perçue comme une frontière naturelle par cet empire romain axé essentiellement sur la méditerranée. Ce petit état mal situé a t-il connu un rapprochement politique, ou bien son importance stratégique, politique et militaire était-elle d’aussi peu d’intérêt pour que Rome songe sérieusement à remettre en cause sa vision méditerranéenne des choses » ? 

La réponse a été « bonne question ». L’élève s’était donc posé la bonne question, et avait été invité à y répondre. 

Un petit dossier avait été alors été constitué, à partir de peu et surtout de rien, et fut considéré comme l’épreuve d’examen. Le moteur de recherche avait été alors la curiosité ; le résultat, une réflexion personnelle.

 Récupérant le travail en fin d’année, l’élève sut que ça avait plu au professeur. Il quittait l’Université. Il a alors eu la surprise d’être invité, encouragé même, à aller de l’avant. Une maîtrise a donc finalement été envisagée ; par curiosité. 

Une rigueur scientifique stricte dans la recherche, le souci du détail, de l’exactitude et de la clarté dans la rédaction, ont été exigés. Ils ont fait l’objet du plus grand soin dans l’étude qui va suivre. Si le travail continue de présenter des imperfections, il n’en a pas moins été dicté par ces bonnes intentions. A l’heure du bilan l’élève sait ce qu’il doit au professeur : sa façon de penser et de travailler. 

Toute ma reconnaissance à Claire Sotinel, instigatrice de ce mémoire.


Introduction

 

e. Luttwak et la « grande stratÉgie de l’empire romain »

 En 1974 est paru à Londres un ouvrage qui traitait des frontières de l’Empire romain d’un point de vue exclusivement militaire, The grand strategy of the Roman Empire de E. N. Luttwak, grand spécialiste aux Etats-Unis des problèmes stratégiques actuels (il a été un conseiller écouté de l’administration Raegan). 

Son but est simple et avoué : analyser les diverses formes d’implantations sur les frontières et l’évolution des stratégies pour ensuite inviter les stratèges contemporains à tirer profit du modèle romain. 

Dès sa parution, le livre de Luttwak reçut des critiques enthousiastes et s’est imposé comme un classique. Il continue d’être cité par des historiens et des archéologues réputés. 

Luttwak s’est félicité de la masse de documents détaillés fournie, avant lui, par des générations de chercheurs sur les éléments réels de la stratégie impériale : organisation de l’armée, tracé des défenses frontalières et dispositifs des fortifications autonomes. Assez en tout cas pour lui permettre de « tracer un tableau cohérent de la politique romaine dans son ensemble ». Son œuvre s’appuie sur ces travaux, il les couronne par une synthèse vite devenue la référence pour l’histoire militaire et pour qui veut traiter des frontières romaines. 

la notion de frontiÈre romaine chez Luttwak

             La conception de l’auteur de la Grande Stratégie, qui n’est que le reflet des travaux de tous les chercheurs avant lui, se veut unificatrice. Pour lui, les empereurs romains ont systématiquement développé une stratégie impériale globale. Leur politique se voulait rationnelle, fondée sur des critères stratégiques dont la principale était la recherche d’une « frontière scientifique ». 

La « frontière scientifique » par rapport à la frontière dite « naturelle » ( = qui est axée sur les éléments naturels comme les fleuves, mers, montagnes) est artificielle (on parle alors de limes, de système défensif fortifié).  

Elle offre, pour un coût d’entretien le moins élevé possible, la meilleure ligne de défense contre l’ennemi extérieur. C’est la recherche, en matière de défense, du meilleur rapport coût/efficacité. Cette recherche d’efficacité à été appliquée à l’ensemble des frontières de l’Empire. Ces dernières sont donc uniquement militaires. 

 vers une « ouverture » des frontiÈres 

Un autre ouvrage, paru en 1989, Les frontières de l’Empire romain de C.R. Whittaker prend le contre-pied des conceptions de Luttwak et de la tradition historiographique qui continue à peser sur l’étude des frontières. L’article de J.-M. Carrié, 1993 : ouvertures des frontières romaines ? confirme cette remise en question. Depuis une dizaine d’années des historiens se sont attaqués à certains principes inhérents à la frontière militaire. 

Luttwak s’est appuyé sur de nombreuses sources littéraires, mais l’interprétation des faits est plus délicate pour la nouvelle génération de chercheurs. Les choix stratégiques successifs étaient-ils délibérés (en fonction, éventuellement, d’analyses érronées) ou bien étaient-ils dictés par des limites démographiques, économiques, culturelles ou financières ? 

Pour une même époque, apparaissent des choix stratégiques et une conception très différente selon les régions. On s’aperçoit que l’élaboration des fortifications dites « linéaires » fut progressive, souvent faite au coup par coup ; elle s’adaptait aux conditions locales et aux stratégies du moment. 

Une étude menée par B. Isaac montra que le terme « limes » constamment utilisé par les historiens pour désigner la frontière militaire et son système défensif n’a jamais été employé comme tel par les Romains. Pas plus qu’ils n’ont exprimé dans ce terme, un concept unificateur pour la mise en défense des frontières.

L’idée de « programme défensif » à grande échelle est alors sérieusement contestée. Il est désormais convenu de traiter d’une façon différenciée les problèmes défensifs de l’Empire, selon les secteurs géographiques. 

Du coup tous ces éléments de fortification, repérés et étudiés comme étant le fruit de ces programmes, sont-ils réellement des ouvrages défensifs ? 

L’idée de « Grande Stratégie » a eu pour effet d’interpréter comme des éléments de fortification, indistinctement, tous les vestiges de constructions retrouvés dans les zones frontières. Autrefois admis comme une évidence, la valeur militaire de beaucoup de ces ouvrages apparaît désormais comme douteuse. Et la remise en question s’est élargie ensuite aux plus grandes constructions, comme le mur d’Hadrien. 

Et dans le cas où la fonction militaires des ouvrages est clairement indiquée, la question se pose alors de savoir contre quelle menace ils faisaient front. Peut-on encore accorder de l’importance aux descriptions imagées de la frontière et de L’ennemi que H. Van De Weerd donnait en 1907 : « tandis  que le long de ses frontières des millions de barbares stationnaient, l’arme tirée et les yeux pleins de convoitises (…) les principes généraux qui président à l’organisation de la défense sont les mêmes pour toutes les parties de l’Empire. (…) Partout de grandes forces armées étaient échelonnées le long du limes ; elles surveillaient avec un soin jaloux et une vigilance inlassable toutes les entrées et toutes les sorties, les personnes et les choses. Elles entouraient tout l’Empire d’une vaste barrière de glaives et de flèches, dont le cliquetis continuel devait rappeler aux ennemis que Rome était sur le qui-vive » ? 

et le pont-euxin dans tout ça ?

 Curieusement le Pont-Euxin n’a jamais constitué un champ d’étude aux uns comme aux autres. Luttwak fait à peine allusion au royaume du Bosphore dans le cadre de son étude sur la politique de Caligula et de Claude envers les Etats-clients. Son étude se porte essentiellement sur ce qu’il pense être des modèles de frontières linéaires comme le mur d’Hadrien en Bretagne, et le limes Rhin-Danube. Il s’attarde également sur l’Afrique et l’Orient mais ne porte aucune attention au Pont-Euxin, qui fait pourtant le lien entre le front danubien et le front cappadocien. 

Le manque d’information n’explique pas tout car cette pénurie est essentiellement dûe à l’absence de travaux sur ce sujet. Mais il était clairement établi que pour quiconque souhaitait étudier les frontières, il fallait commencer par la Bretagne pour s’arrêter au Danube. 

On déniait au Pont-Euxin un rôle quelconque dans les systèmes défensifs. L. Homo, en 1983, écrit la troisième partie de l’Histoire Ancienne intitulée Le Haut-Empire. Il note que « le Pont-Euxin constituait le maillon faible de la cuirasse romaine » ; à comprendre : Le Pont-Euxin était le point faible entre le limes danubien et le limes cappadocien car il n’était pas en lui-même un limes. C’était juste une mer. 

En retour les critiques ne s’attachèrent qu’à montrer l’inexactitude des affirmations de Luttwak sur le terrain même où il les avaient formulées. L’Afrique, avec de nombreux travaux, le mur d’Hadrien, l’Orient, qui a fait l’objet d’une première remise en question du rôle de l’armée (B. Isaac, The limits of the Empire, the roman army in the East) redeviennent des terrains d’investigation mais pas le Pont-Euxin. La mer Noire est restée en dehors de tous les débats et semble décidément peu intéresser les chercheurs occidentaux. N’a t-elle jamais été considérée comme une frontière ?

  Je dis « chercheurs occidentaux » car l’historiographie soviétique, elle, n’a pas été en reste. Il est vrai que la Crimée, de son point de vue, paraît moins excentrique. Malheureusement beaucoup de ces travaux ont la fâcheuse tendance à souligner, par exemple, tout ce qui peut suggérer une indépendance du Bosphore par rapport à Rome. Si les « côtes septentrionales de la mer Noire » étaient de peu d’intérêt pour l’histoire militaire romaine des occidentaux, les chercheurs russes ne voyaient dans les Grecs et les Romains que des intrus sur le sol « national » de la « Russie méridionale ». Inutile de dire que la coopération scientifique n’était pas ici pleinement développée. Et que dire de l’obstacle de la langue… 

Chacun tente cependant de combler à la fois le retard et les erreurs d’interprétation. Un russe comme V.M. Zubar a publié très récemment (1998) un ouvrage sur le Pont septentrional et l’Empire romain (Ier-VIe siècle) (avec résumé en anglais). Plus proches de nous, des chercheurs comme M. Kazanski, A. Bartoli-Kazanski et C. Zuckerman ont réalisé la première étude militaire sur la défense en mer Noire au Bas-Empire (tous trois disponibles dans le volume 11 des Travaux et Ménoires). D’autres chercheurs comme Sarnowski, Speidel ont considérablement éclairé l’organisation des détachements romains en Crimée et aux bouches du Dniestr et du Dniepr. 

Une vision d’ensemble manque toujours. Or elle indispensable pour qui veut saisir la notion de frontière. Notre étude qui se voulait confinée à un arc de cercle allant du Danube au détroit de Kertch s’est avérée très vite insuffisante pour saisir la nature des intentions romaines en mer Noire. Le champ d’action s’est alors élargi aux côtes caucasiennes, puis il a fallut, pour expliquer la situation de la Colchide, s’intéresser aux côtes anatoliennes. Tout comme un fil enterré et dont on a tiré le bout pour voir finalement sortir de terre, progressivement, la longueur de tout une pelote. Le fil est sorti pour le nord de la mer Noire et le Caucase. Il est aussi visible pour le littoral sud mais reste encore à nettoyer. Il reste enterré pour la côte thrace et mésique. En fait, j’avoue avoir délibérément coupé la corde à cet endroit, faute de temps. 

Je ne considère en aucun cas ce travail comme une synthèse. Guidé par la seule curiosité, je n’ai eu d’autre souci que de répondre, le plus sérieusement possible, et pour la mer Noire uniquement, aux deux grandes questions de l’histoire militaire : y a t-il eu une ou des stratégies développées ? Peut-on encore parler de frontière militaire, et si oui, comment se la représenter ? Quelle a été alors son évolution dans le temps ? 

Les travaux les plus récents sur la frontière (quelle soit politique, économique, juridique ou militaire) ont montré que les mécanismes inhérents à sa formation dépendaient de tant de facteurs, parfois spécifiques à un milieu et à une époque, qu’il devient presque impossible d’envisager une « théorie des frontières » capable de répondre à toutes les situations rencontrées sur les quatre mille kilomètres de frontière romaine. 

Les recherches donnent des analyses, des processus d’établissement ou des conséquences d’une frontière sur son environnement. Tout cela alimente, non plus une théorie, mais une sorte de « banque de données » qui augmente notre fond de connaissance et dans laquelle on peut puiser ou contribuer. Il est grand temps de parler de la spécificité pontique. 

            Pour répondre à nos questions. Il a été jugé nécessaire de diviser notre dossier en deux sous-ensembles. 

Le premier est une étude chronologique des activités politiques et militaires des Romains en mer Noire ainsi que dans les territoires limitrophes. Une approche encore jamais réalisée dans sa totalité mais jugée indispensable pour saisir l’évolution des conceptions romaines en matière de politique extérieure et de défense.

 Le deuxième se veut plus porté sur l’organisation et la signification même des systèmes frontaliers. Cela nous amènera à les différencier et à les caractériser. 

L’ensemble devant fournir des données suffisantes pour proposer une notion de « frontière » dans le Pont-Euxin.


Introduction géographique

 petit guide pratique de voyage

 § 1. le Caucase

           Le Caucase est l’ensemble montagneux qui s’étend entre la mer Noire à l’ouest et la mer Caspienne à l’est et qui sépare actuellement la Géorgie de la Russie. 

Il se divise en trois zones naturelles : la Ciscaucasie ou Caucase du Nord, le Grand Caucase au centre, et la Transcaucasie au sud. 

            La Ciscaucasie est occupée par les bassins du Kuban et du Terek, séparés par le plateau de Stravropol. Les steppes semi-désertiques caractérisent cette région. 

            Considérée par les auteurs anciens comme une des limites entre l’Europe et l’Asie, la zone du Grand Caucase (appelé aussi Monts du Caucase) est constituée de deux chaînes montagneuses parallèles. Ces chaînes s’étendent entre la mer Noire et la mer Caspienne sur 1300 km de  long et entre 150 et 200 km de large. Elles culminent aux sommets de l’Ebrous à 5633 m, de Chkhara à 5058 m et de Kazbek à 5047 m. 

            Dans la Transcaucasie, la chaîne de Souram divise les dépressions de deux fleuves : Phasis à l’ouest et Cyrus au centre et à l’est ; ainsi que le territoire des Colchidiens et des Ibériens. 

Le Cyrus, né au sud de la Transcaucasie, est la principale voie fluviale de la région. D’une longueur de 1515 km, le Cyrus passe par Harmozica, la capitale des Ibériens située au centre de la Transcaucasie. De là il irrigue la vaste plaine qui s’étend jusqu’à la mer Caspienne. C’est là qu’il se jette.           

            Le Phase, ou Phasis, né dans le versant sud du Caucase, est plus court. Long de 314 km, il se jette dans la mer Noire à proximité du principal fort côtier romain du Caucase : Phasis.

            Le Petit Caucase occupe par ses chaînes et plateaux toute la partie méridionale de la Transcaucasie. L’altitude maximale est de 3724 m. Au sud-est nous trouvons les Parthes, au sud le royaume d’Arménie et à l’ouest l’empire romain avec les plus orientales de ses possessions anatoliennes. 

            Il existe de très nombreuses principautés en Transcaucasie, que nous pouvons simplifier par trois grands ensembles ethniques, géographiques et politiques : la Colchide, l’Ibérie, et l’Albanie.

La Colchide apparaît comme très morcelée politiquement. De nombreuses tribus se côtoient dans la plaine du Phasis et sur les versants sud du Grand Caucase, mais aucune ne représente une force capable de s’imposer aux autres. 

L’Ibérie et les Ibériens, constitue au contraire un royaume unifié. C’est la principale puissance politique et militaire du Caucase. Sa capitale, Harmozica, est au débouché des principaux cols (ceux dits du Darial) qui permettent le passage du Grand Caucase aux peuples nomades de Ciscaucasie. Les rois Ibériens pèsent d’un poids non négligeable dans le rapport de force que se livrent Parthes et Romains à propos de l’Arménie. 

§ 2. les côtes septentrionales de la mer Noire 

            Les steppes Ukrainiennes forment une vaste plaine dont l’altitude ne s’élève pas au-dessus de 400 mètres si ce n’est à ses lisières, à l’extrémité de la presqu’île de Crimée ou dans les Carpates où elles culminent respectivement à 1527 mètres et 1818 mètres. Les steppes boisées, au nord, prolongent la plaine moscovite. 

            Au cours de leur phase colonisatrice, les Grecs se sont installés sur le rivage septentrional de la mer Noire dès le VIIe siècle av. J.-C. C’est à l’embouchure du fleuve Borysthènes (Dniepr), sur l’actuelle île de Bérézan, que fut établie leur première fondation. A partir de ce point de départ se développa, tout proche, Olbia puis Tyras, à l’embouchure du fleuve du même nom (actuellement le Dniestr). 

Au sud-est de cette polis ionienne, devait s’établir au cours du Ve siècle une voisine dorienne, Chersonèse Taurique, l’actuelle Sébastopol, cité-état qui finira par s’accaparer toute la côte occidentale de la Crimée. 

Alors qu’Olbia et Chersonesos devaient préserver leur statut de cité avec chôra, le Bosphore Cimmérien (à ne pas confondre avec le Bosphore thrace entre la Propontide et le Bosphore) connut un destin très différent. 

A partir de Panticapée et sous l’égide des Spartokides, qui portaient le titre d’archontes, mais qui constituaient en fait une dynastie de tyrans, l’état du Bosphore conquit des territoires grecs aussi bien qu’indigènes de part et d’autre du détroit pour devenir, à la fin du IVe siècle av. J.-C., une monarchie à double composante ethnique, comprenant des Grecs d’une part et de l’autre différentes peuplades indigènes. 

A son apogée, le royaume du Bosphore comprenait, en plus des deux rives du détroit de Kertch, une grande partie des rives de la mer d’Azov, l’ancienne Méotide, poussant jusqu’à l’estuaire du fleuve Tanaïs, l’actuel Don, et qui a donné son nom à la ville de Tanaïs.